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Complément sur Rivesaltes : témoignage de ma mère Judith

En complément à mon témoignage sur le camp de Rivesaltes où j'ai été interné pendant 6 semaines en septembre-octobre 1942, j'ai retrouvé un CD-Rom, contenant le témoignage de ma mère Judith Salzberg, (remariée Wolf, après le décès de mon père Joseph Salzberg le 14 mars 1948).


Je vous joins 2 photos tirées de la pochette de ce CD-Rom.





Ma mère a été interviewé par l'équipe du cinéaste Steven Allan Spielberg le 26 novembre 1996, en Allemand, dans sa résidence à Sarrebrück en Allemagne. Elle est décédée le 1er septembre 2008 à Sarrebrück. Spielberg a effectué environ 2000 interviews de survivants juifs de la période 1939-1945, pour conserver, avant leurs décès, les témoignages de ce qu'ils ont vécu au titre de la Shoah.

Je tiens à votre disposition une vingtaine d'exemplaires de ce CD, pour ceux que cela intéresserait.


Il apparaît, au vu de ce CD, que j'ai fait 2 erreurs dans mon mail précédent :

  • Nous avons été arrêtés en septembre 1942, et non en août 1942, dans un autobus à Annemasse. Nous étions 5 : mes parents et moi, alors âgé de 7 mois, mon grand-père paternel, Nuchim Salzberg, et mon cousin germain Adi Salzberg, âgé de 13 ans.

  • C'est la milice française qui nous a arrêtés et non la gendarmerie française.

Ma mère raconte dans ce CD une anecdote intéressante : En mai 1942, le gouvernement français de l'époque demande que toutes les jeunes filles et tous les jeunes gens juifs, non mariés, se présentent dans les préfectures. C'est donc pour cela que 2 policiers se sont présentés à la porte du domicile de mes parents à Marseille à 6 heures du matin pour arrêter ma mère. Celle-ci leur déclara alors que cet arrêté ne la concernait pas, puisqu'elle était mariée avec un bébé de 3 mois. Devant leur insistance, elle a tempêté et refusé de les suivre. Cela a duré 3 heures. De guerre lasse, elle s'est habillée, m'a mis dans un landau, et les a suivis, laissant mon père dans l'appartement. C'est ainsi qu'elle a traversé Marseille, jusqu'à la préfecture, poussant son landau, et encadrée par 2 policiers, ce qui a fait beaucoup d'effet dans la population. Arrivés à la préfecture, par hasard et au même moment, le préfet arrivait en voiture. Celui-ci, voyant la scène, a hurlé et demandé qu'on la relâche immédiatement. Elle aurait été internée dans un camp appelé "Les mille", dont elle assure qu'elle aurait réussi à s'échapper. Autre anecdote que m'a raconté mon cousin Adi (qui était allé dans un autre endroit après son arrestation à Annemasse) : mon père est décédé le 14 mars 1948, d'une infection généralisée, la pénicilline n'étant pas encore commercialisée à grande échelle. En fait, cette infection serait due à des écorchures sévères dans l'anus, où mon père avait caché des bijoux pour rentrer en France. Car les autorités françaises de la Libération, n'autorisaient pas les juifs de rentrer en France, avec quelque valeur que ce soit. L'infection s'est ensuite propagée en 3 ans. Invérifiable, mon cousin étant en plus décédé. @+. Raoul

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