11 jours de guerre en Iran
- Raoul Salzberg

- il y a 16 heures
- 4 min de lecture

Il y a 11 jours, les américains, alliés aux israéliens, ont commencé à bombarder l'Iran.1500 morts recensés en Iran aujourd'hui, sans doute beaucoup plus.
Les Iraniens ont riposté avec des missiles et des drones, faisant 16 victimes dans les monarchies du golfe, et une vingtaine en Israël.
Le Hezbollah ayant riposté à des bombardements israéliens, Israël a envahi le sud du Liban, écrasant Beyrouth sous les bombes, faisant environ 400 morts à ce jour.
L'attention se focalise aujourd'hui sur le détroit d'Ormuz, où transite normalement 20 % du trafic mondial de pétrole et de gaz. Ce détroit est bloqué, ce qui engendre une pénurie de gaz et de pétrole dans le monde, surtout en Chine. De ce fait, les prix du gaz et du pétrole s'envolent, passant, en 10 jours, pour le pétrole, de 60 $ le baril à près de 120 $ le baril. De plus, les bourses du monde entier dévissent de près de 10 % Cela s'est un peu calmé après le discours hier de Trump annonçant la fin prochaine du conflit avec l'écrasement du régime des mollahs iraniens.
Macron, de son côté, envoie un porte-avions et 8 frégates vers le Moyen Orient, se proposant de rétablir la circulation dans le détroit d'Ormuz. Mais Trump l'a arrêté dans son élan, imposant que le porte-avions Charles De Gaulle reste en méditerranée. Sous-entendant de lui demander de se mêler de ce qui le regarde. Du coup, alors que Trump annonce la fin du conflit, Macron rétorque qu'il y en a encore pour quelques semaines, en accord avec ce que disent les Gardiens de la Révolution iraniens.
Que peut-on imaginer pour la suite des événements ?
Plusieurs scénarios sont imaginables, selon le point de vue où on se place.
Les rodomontades des uns et des autres sont impressionnantes : Trump et Nétanyahou se gargarisent de leur domination totale dans les airs, leur permettant d'écraser l'Iran et le Liban sous les bombes. De l'autre côté, le nouvel ayatollah, fils du défunt Ali Khamenei abattu, annonce une résistance de plusieurs semaines, en ciblant Israël et les bases américaines du golfe persique, avec des missiles et des drones.
Qui croire ?
Cela devrait se décanter rapidement, car le secrétaire américain à la défense, P. Hegseth
annonce une journée décisive aujourd'hui.
Il est donc urgent de patienter un peu.
Mais il est permis de faire quelques conjectures. Trump est un habitué des changements d'avis. La presse américaine le surnomme d'ailleurs TACO ("Trump Always Chickens Out"), qui veut dire qu'il change toujours d'avis.
On peut donc imaginer que, hors des bombardements massifs habituels sur l'Iran, il ne va rien se passer.
Pour la suite, on peut imaginer que les cours du pétrole et du gaz vont valser dans le monde entier, et que les bourses mondiales vont faire de la montagne russe, au gré des déclarations des uns et des autres.
Mais les financiers ont horreur de l'incertitude.
Il existe un indice, appelé VIX, appelé aussi indice de la peur, qui évalue le degré d'incertitude des cours de la bourse; habituellement aux environs de 20 ou 30 sur 100, il navigue aujourd'hui dans les hauteurs tout en fluctuant.
Des médias dits avertis glosent à longueur de journée sur les niveaux de risque et d'incertitude.
Mon avis personnel est que, certes les USA sont les plus forts, et de loin. Mais, ils n'ont aucune solution pour mettre à bas les mollahs iraniens. A part de continuer à écraser l'Iran sous les bombes, et de multiplier les victimes civiles, ils n'ont aucune option sérieuse pour cela. Il faudrait une révolution intérieure, pour mettre un nouveau régime en place, ce qui est exclu car l'option, du fils du Shah est rejetée par les iraniens, même par les opposants aux mollahs.
Un peu d'histoire est nécessaire pour cela : il existait un régime démocratique en Iran dans les années 1950, dirigé par un président appelé Mossadegh, élu démocratiquement. Les américains ont fomenté un coup d'Etat pour installer le Shah d'Iran. C'est ce régime antidémocratique qui a été renversé par l'Ayatollah Khomeini en 1979.
Cette mise au point historique étant faite, il est clair que le régime anachronique et rétrograde des mollahs doit être combattu. Mais ce n'est pas en bombardant l'Iran que l'on y arrivera. L'Iran est une civilisation millénaire, héritière de la Perse antique. C'est un pays civilisé avec d'énormes capacités intellectuelles, et un potentiel économique fabuleux, qui ne demande qu'à s'exprimer.
C'est au sein de ce pays que doit se mener démocratiquement ce combat, s'appuyant essentiellement sur le combat des femmes.
Le régime répressif et barbare des mollahs se défendra par tous les moyens, comme l'a montré la récente répression des jeunes qui manifestaient pour la démocratie, mais présentaient l'inconvénient de se passer au mauvais moment, avec l'odieuse agression conjointe des américains et des israéliens. Il est prouvé que l'Iran n'était pas en mesure de se doter de l'arme nucléaire, comme l'a dit et répété l'AIEA (Agence Internationale de l'Énergie Nucléaire), ce qui a servi de prétexte mensonger à l'agression sur l'Iran.
Le combat principal à mener, dans le monde entier, doit être dirigé contre Donald Trump,
le président des Etats-Unis, qui se comporte comme un fou et entraîne la planète dans une spirale de guerres et de misère. Il faudra sans doute attendre les élections des midterms qui auront lieu en novembre prochain, où le peuple américain votera majoritairement pour qu'il soit évincé.
D'ici là il faudra se garer tous aux abris.
Le printemps arrive. Profitons en.
Raoul



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